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Construction: vive la lutte !

By Julien Sansonnens | September 30, 2007

La SSE (société suisse des entrepreneurs) a déterré la hache de guerre. En mai dernier, le patronat a fixé une exigence particulièrement choquante: les ouvriers de la construction doivent désormais accepter 80 heures « négatives » supplémentaires, en plus des 100 heures déjà tolérées dans la convention nationale (CN). Cela signifie la possibilité pour le patron de renvoyer un travailleur à la maison s’il n’y a pas de travail, et lui demander ensuite de récupérer ces 80 heures dans l’année. Une manière, par cette flexibilisation, de faire reposer le risque d’entreprise (qui légitime le revenu du patron) en partie sur le dos des salariés. Le résultat ? des journées de 10 heures ou plus et des horaires encore plus flexibles, dans un contexte où le secteur de la construction se porte extrêmement bien et engrange des bénéfices immenses. Parmi les autres exigences de la SSE, citons aussi la suppression du délai de licenciement en cas de maladie et l’aplanissement des classes de salaire. Des exigences heureusement immédiatement refusées par UNIA, qui constate les effets des cadences déjà infernales imposées dans le secteur de la construction: morts sur les chantiers et accidents professionnels innombrables.

Devant la fermeté des travailleurs, le patronat a décidé de résilier au 1er octobre la convention nationale, balayant dans une arrogance sans limite 60 ans d’acquis sociaux. Résultat ? Fin de la cinquième semaine de vacances, fin de l’interdiction du travail du samedi, fin de la durée hebdomadaire de travail à 40.5 heures, fin du 13ème salaire, etc. Notons aussi et surtout la suppression du salaire minimum, ouvrant la voie à un dumping salarial généralisé et à des baisses salariales massives. Une preuve supplémentaire de la nécessité de faire inscrire le principe du salaire minimum légal dans la constitution; une mesure absolument indispensable pour laquelle le POP se bat avec énergie.

Aux esprits consensuels baignés de l’idéologie de la « paix du travail », aux négationistes de la lutte des classes, le patronat vient d’adresser la plus belle des démonstrations: l’offensive contre les ouvriers est lancée ! La sauvagerie libérale ne connaît pas de frontières, ni dans la construction, ni dans aucun autre secteur.

Le POP soutient les ouvriers de la construction, et l’ensemble des salariés du pays, dans leur lutte pour leurs droits et leurs acquis sociaux. Vive la grève ! Vive la lutte !

Topics: politique fédérale |

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