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Verts de trouille
By Julien Sansonnens | September 15, 2007
Mais quelle mouche centriste a piqué les Verts ? Ils ne sont pas (encore) au Conseil fédéral qu’ils en ont déjà adopté le mode de fonctionnement consensuel et résigné, ce style politique qui précisément affaiblit depuis des décennies la gauche de notre pays.
En deux semaines, trois événements politiques ont contribué à mettre en lumière l’état de déliquescence idéologique de ce jeune parti. Avec La Fontaine, on mesure ce qu’il advient de la petite grenouille verte qui veut se faire plus grosse que le boeuf: cela n’est possible qu’en mettant beaucoup, beaucoup d’eau dans son vin rouge, jusqu’à obtenir un breuvage transparent ne risquant plus d’enivrer personne. Assoifés de pouvoir à l’image d’un Daniel Brélaz de plus en plus contesté, les Verts sont visiblement prêts à ratisser le plus large possible, fût-ce en reniant ce qui apparaissait à une autre époque comme leurs idéaux.
Il y eut d’abord la « maison de paille ». Dans un monde utopique où les Verts se soucieraient d’écologie, nous aurions vu le Syndic vert de Lausanne se rendre au premier jour sur le chantier pour encourager cette expérience écologique et écologiste, pour discuter avec les constructeurs qui lui auraient appris que ce style d’habitat existe depuis toujours, qu’il est entièrement biodégradable, confortable et sûr. Au lieu de cela, ce n’est pas le Syndic qui est venu mais une entreprise de démolition, stoppée de justesse par les constructeurs et une opinion publique (ou plutôt un électorat) qui se retrouve de moins en moins dans les compromissions politiciennes des « écolos ».
Deuxième épisode, les disséminations d’OGM à Pully. Signée par 1331 personnes, la pétition du POP demandant que « la commune fasse tout son possible pour interdire les disséminations de blé transgénique » a été littéralement balayée au Conseil communal: il ne s’est trouvé personne pour la soutenir, ni même pour vouloir ne serait-ce qu’en discuter. Les Verts, que personne n’a jamais vu lors de la récolte de signatures, ont fait preuve de la même « discrétion » au Conseil communal, prétextant une volonté de ne pas « gaspiller les deniers publics »… Le sacrifice du principe de précaution sur l’autel sacré de la rigueur budgétaire, ça ne vous rappelle rien ? Voilà un discours qu’économieSuisse n’aurait pas renié.
Troisième acte de cette pièce tragi-comique: la venue de Blocher au comptoir suisse de Lausanne. Alors que, devant la campagne raciste et écoeurante menée par l’UDC, l’ensemble de la gauche politique, syndicale et associative se mobilise pour préparer une réponse citoyenne sous forme de manifestation, nos amis Verts se fendent d’un communiqué par la voix d’Yves Ferrari, vice président cantonal, expliquant qu’ils ont « décidé de ne pas signer l’appel à la manifestation », craignant des débordements. On croit rêver: sous prétexte qu’une manif pourrait déborder par la faute d’éléments externes incontrôlés, il faudrait s’abstenir d’exprimer démocratiquement son opposition ! Les Verts reconnaissent la liberté d’expression à Blocher (nous aussi!), mais pas le droit constitutionnel de manifester. Pire, en soulignant les risques de débordement, ils légitiment le discours blochérien de “l’appel au trouble de l’ordre public”. Belle démonstration de démocratie !
Ces trois événements ne sont pas isolés, et ne sont que le triste révélateur de ce que sont en train de devenir les Verts. Je ne m’en réjouis pas, tant l’écologie et le social ont aujourd’hui besoin de forces pour les défendre. Il n’y a malheureusement que peu à attendre d’un parti dont la seule ambition politique consiste à entrer au Conseil fédéral: ses dirigeants savent que cela n’est possible qu’avec un très large soutien électoral, un soutien qui n’est possible qu’avec des voix « volées » à la droite.
L’avenir est vraiment ailleurs, et j’appelle les citoyens avec une véritable conscience écologiste à voter pour le seul parti de transformation sociale, la seule formation anticapitaliste qui s’attaque aux causes du désastre écologique présent et à venir.. le 21 octobre, votez écolo, votez POP !
Topics: politique fédérale |